repenser l’espace public

Au cours des 70 dernières années, l’aménagement de nos villes, villages et lieux de vie, a été guidé par l’usage de la voiture. L’espace qui lui est dévolu est devenu important : voirie + stationnement. Conçus pour accompagner le développement économique et urbain de notre pays, ces choix génèrent aujourd’hui leurs conséquences dimpacts environnementaux et sur la santé : bruit, qualité de l’air, dangers, dévalorisation et dégradation du bâti, réduction des espaces verts encore disponibles.

L’intensification urbaine et la périurbanisation des 20 dernières années ont accru l’utilisation de la voiture dans les déplacements quotidiens, confortant encore cette prédominance dans la réalisation d’infrastructures et l’aménagement de l’espace public.

Leurs conséquences sont une augmentation des distances et temps de déplacement quotidien (domicile/travail), induisant une accélération des rythmes de vie et une course permanente : travail, enfants, achats, cuisine, repas, rendez-vous médicaux, loisirs, … et télévision le soir !

Pour tous ces moments ou événements du quotidien, la trop grande facilité donnée aux déplacements en voiture n’amène plus à réfléchir sur la pertinence de prendre la voiture pour faire quelques centaines de mètres. La voiture est devenue un réflexe.

Face aux conséquences déjà perceptibles du changement climatique, il est grand temps de repenser l’aménagement de l’espace public. Et pas seulement pour la question des déplacements. L’espace public n’est pas qu’un espace technique, c’est aussi un lieu social.

Urbanisme et déplacements

Certes, on ne revoit pas tous les ans l’urbanisation d’une commune, encore moins dans des quartiers résidentiels ou des cœurs de village. L’affectation du foncier qui a souvent orienté la définition des POS, PLU ou PLUi doit être aujourd’hui un des nombreux éléments de réflexion de l’urbanisme. Cette réflexion doit être vue sur le long terme et s’appliquer sans attendre dans un schéma d’ensemble sur l’urbanisme d’une ville ou d’un village : plan d’urbanisme, zonage résidentiel, commercial, économique, loisirs, plan de circulation, hiérarchisation des voiries, réseau modes actifs avec cheminements piétons et itinéraires cyclables.

L’urbanisme et l’urbanisation doivent maintenir ou rétablir la perméabilité des zones pour faciliter le recours aux modes actifs par des itinéraires plus courts, plus pratiques, plus sécurisants. Trop souvent, le parcellaire ne permet pas de créer de tels passages, obligeant à emprunter des voies à forte circulation. Le droit de préemption des communes doit être utilisé pour essayer de recréer ces passages entre zones paisibles, en l’associant avec l’identification d’axes routiers principaux (hiérarchisation des voiries). Pour les axes présentant des flux de circulation importants, il conviendra alors de prévoir des aménagements adaptés en identifiant quelles priorités sont données aux différents modes et usagers de la voirie.