Les mobilités actives

Avec 25 % des émissions de gaz à effet de serre et 26 % des consommations énergétiques, le domaine des transports est le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre pour la région Grand Est (Climaxion). Dans le contexte actuel du dérèglement climatique, cette part importante doit nous amener à repenser nos habitudes de déplacements au quotidien.

Domaine de pertinence des modes actifs

40% de nos déplacements font moins de 3 km. 60% des déplacements inférieurs à 5 km sont réalisés en voiture. Ces courtes distances s’inscrivent pleinement dans le domaine de pertinence des modes actifs : jusqu’à 2 km à pied ou en trottinette, jusqu’à 5 km à vélo, et même jusqu’à 8 à 10 km à vélo à assistance électrique.

Cela représente environ 20 à 30 min de temps de déplacement, durée équivalente à celle préconisée quotidiennement par l’OMS pour la pratique d’activités physiques.

Certaines personnes ont la possibilité de faire plus de distances et plus rapidement. Dans ce site, nous évoquons les déplacements d’habitants « standard » qui ne sont pas nécessairement de grands adeptes de ces modes. Pour ne pas « effrayer », restons sur des distances raisonnables et réalisables par tout un chacun. Avec le temps et un peu de pratique, chacun pourra se rendre compte qu’il est en mesure de parcourir un peu plus de distance.

De quels modes parle-t-on ?

Les modes actifs regroupent les modes de déplacement faisant appel à l’énergie musculaire, telle que la marche à pied, le vélo, la trottinette, les rollers, etc.

Le développement des modes de déplacement alternatifs à la voiture a généré de nombreuses appellations pour qualifier chacun d’eux : modes motorisés, partagés, doux, actifs, mobilité durable.

Les « modes doux » englobent tout type de mobilité qui contribue à la réduction des consommations d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre, intégrant les transports en commun (bus, tram, métro), les véhicules électriques, la marche et le vélo.

Depuis quelques années, de nouveaux équipements de déplacement personnels (EDP) sont apparus, trottinette, skateboard, également rattachés aux « modes doux ». S’ils concourent au report modal, à la réduction de l’usage de la voiture et donc potentiellement à la congestion des voies routières, ils sont de plus en plus motorisés : trottinettes électriques, skates électriques, monoroues et gyropodes. En tant que véhicules motorisés, les EDPM ne peuvent être classés dans la catégorie des modes actifs.

L’importance du vélo dans les politiques de mobilités

Les multiples aspects positifs des politiques cyclables ne sont aujourd’hui plus à démontrer :

° Le vélo présente le meilleur rapport entre l’énergie dépensée, la distance parcourue et la vitesse atteinte.
° Le vélo est un formidable outil de réappropriation de l’espace public et d’urbanisme.
° A surface au sol équivalente, la capacité d’une voie cyclable, est de 2 à 3 fois supérieure à la capacité d’une voie de circulation routière.
° Le vélo est le meilleur outil de lutte contre la congestion routière.
° D’un point de vue socio-économique, les infrastructures cyclables présentent des taux de retour sur investissement extrêmement élevés, bien supérieurs à ceux des autres infrastructures de transport.
° Pour chaque kilomètre parcouru à vélo, le bilan socio-économique, incluant les gains de temps mais aussi les gains de santé publique, est positif contrairement aux kilomètres réalisés en voiture.
° Le potentiel économique du vélo est important pour la revitalisation des commerces de proximité. Un client venant à vélo dépense en moyenne sensiblement plus qu’un client automobiliste dans les commerces de proximité. Ses achats sont plus réduits mais beaucoup plus fréquents.

Impacts environnementaux

Non seulement bénéfique pour notre santé, le report modal vers les modes actifs contribue à l’amélioration de la qualité de l’air, à la réduction de notre empreinte carbonée et de notre facture énergétique.

Lors du confinement du printemps 2020, l’amélioration de la qualité de l’air a été mesurée par ATMO Grand Est, démontrant ainsi les gains potentiels résultant d’une baisse du trafic. En temps normal, le report vers les modes alternatifs à la voiture, dont les modes actifs, pourrait très nettement y contribuer.

En considérant les milliers d’actions individuelles qui pourraient être réalisées par tout un chacun, cela peut avoir un impact net sur les quantités de CO2 rejetées, sur la qualité de l’air, et également sur la facture énergétique nationale (… et notre dépendance géostratégique et géopolitique).

Le confinement a permis de se rendre compte de l’impact du bruit continu et devenu habituel de la circulation automobile. Beaucoup de personnes ont apprécié le calme résultant de la diminution du trafic routier, avec ses effets bénéfiques sur la tension nerveuse, sur notre concentration ou notre attention.