aménagements des abords des écoles

La sécurisation des abords des écoles passe par des aménagements de voirie destinés à sécuriser les cheminements piétonniers, les pistes cyclables, les traversées de chaussée, organiser le stationnement et lutter contre le stationnement sauvage, réduire la vitesse, modérer la circulation automobile.

La situation sera différente selon la configuration du site : établissement situé sur un axe principal et passant, ou en retrait dans des rues apaisées. La situation sera aussi différente entre une école, où les enfants viendront le plus souvent à pied et accompagnés, et un collège ou un lycée où les déplacements se font plus fréquemment à vélo et en transport en commun. Il y aura aussi une différence entre un secteur urbain, périurbain et rural. Chaque situation doit faire l’objet d’une analyse de contexte pour adapter les mesures d’aménagement, de sensibilisation et d’accompagnement.

En plus des contraintes techniques, réglementaires, de sécurité, la conception d’un aménagement doit prendre en compte l’ensemble des acteurs : collectivité, parents, enseignants, usagers, riverains, commerces, …

Principale source de dangers, la circulation des véhicules doit être contrainte en période d’affluence quitte à avoir une incidence sur la fluidité du trafic. Face à cette contrainte, les usagers adopteront des comportements alternatifs : choix d’un autre itinéraire, décalage de son déplacement en dehors des périodes d’affluence, …

 La vie d’un enfant vaut plus que 5 minutes de retard !!

le comportement des usagers

Un aspect souvent peu intégré dans les aménagements concerne les comportements des usagers, parents, enfants, automobilistes, conduisant à se mettre en danger ou à mettre en danger les autres. Dans toutes situations, il y a toujours des personnes qui ne se comportent pas tel qu’on l’aura prévu ou qui cherchent à contourner les règles ou dispositifs installés. Il y a de nombreuses raisons à de tels agissements, nécessitant différentes stratégies pour obtenir un meilleur respect des règles. Il est peu probable que les règles et procédures soient respectées si elles ne sont pas compréhensibles et crédibles pour les usagers.

La présence d’élèves à proximité des écoles n’étant pas permanente (entrées/sorties des classes ou des cours), le risque réside dans le fait que les usagers de la route continuent d’agir comme d’habitude alors que les dangers sont présents et que des élèves peuvent traverser subitement devant des véhicules. Il convient donc d’avertir du changement de situation lié à la présence d’élèves, d’adultes les accompagnant et éventuellement de véhicules en stationnement (plus ou moins maîtrisés).

Il convient de bien indiquer la présence de l’établissement scolaire, en évitant notamment les éléments de distraction pouvant capter l’attention au détriment de la sécurité, et à l’inverse en plaçant une signalisation adaptée, bien visible, permanente ou temporaire. Cela peut éventuellement passer par la modification temporaire de la configuration des lieux : feux tricolore, restriction d’accès, déviation.

Le danger, ce sont les autres parents

Pour les parents, le danger, ce sont souvent les autres parents. Alors que leur comportement, s’il semble sécuritaire pour leurs propres enfants, l’est peut être moins pour les autres enfants ! Une fois leurs enfants en sécurité dans l’école, et installé de nouveau au volant de leur voiture, leur attention à la sécurité est nettement moindre.

réduire le flux automobile

Pour sécuriser les abords d’un établissement scolaire, il convient en premier lieu, lorsque c’est possible, de réguler le flux des usagers pendant les périodes d’affluence : réduire le trafic de circulation routière inutile dans le quartier de l’école, le détourner partiellement et/ou temporairement, voire le supprimer. Cela nécessite une analyse du plan de circulation à l’échelle du quartier et éventuellement de la commune en modifiant les sens de circulation ou en instaurant des rues à sens unique par exemple. Une autre option est d’essayer de trouver un autre point d’entrée à l’école dans une rue calme ou offrant un espace aménagée en conséquence.

A défaut de réguler le flux automobile, il faut alors limiter la vitesse d’approche des véhicules avec la création d’une « vraie » zone 30 ou de rencontre, la surélévation des traversées piétonnes, l’instauration de feux de circulation.

Maîtriser le stationnement

Le stationnement est un élément clé de la régulation des déplacements. Les automobilistes utilisent plus volontiers leur voiture lorsque le stationnement est facile. L’usage de la voiture est directement lié au nombre de places de stationnement à destination. D’après une enquête du CEREMA, 80% des déplacements se font en voiture si le stationnement est possible à l’arrivée.

Si le stationnement est limité, l’automobiliste cherchera une place une fois, deux fois, peut-être trois fois, mais il ne continuera pas sa recherche indéfiniment pendant de longues minutes. Comme toute personne qui cherche à se déplacer dans de bonnes conditions, assez rapidement, il choisira une autre solution comme un autre moyen de déplacement. Les pratiques de mobilité ne sont pas figées même si elles présentent une certaine inertie. Elles sont en réalité très modulables. Les aspects contraignants et inconfortables, tels que la recherche d’une place ou la perte de temps, sont de réelles incitations au changement de comportement. Et ceci d’autant plus s’il existe une solution alternative, attrayante et efficace.

Plutôt que de réaliser des déposes-minutes qui encouragent le trafic de véhicules, les abords de l’école gagneraient à être conçus pour permettre aux enfants de venir à pied en toute tranquillité, en définissant un réseau de cheminements adaptés, à pied et à vélo, et en réservant un espace suffisant au droit de l’école pour l’accueil de ce flux de piétons et de cyclistes. Ces espaces seront également bien éclairés.

Considérant qu’il y aura toujours des parents qui déposeront leurs enfants en partant au travail en voiture, il conviendra cependant d’aménager quelques places de stationnement qui permettent des descentes de voiture sécurisées pour les enfants et limitant les manœuvres dangereuses. Ces places devront être en nombre limité et si possible à une certaine distance de l’entrée de l’établissement où se concentrent les élèves. Pour cela, il conviendra de sécuriser les parcours vers l’entrée de l’établissement.

Le stationnement des cars scolaires doit quant à lui être favorisé au droit ou à proximité de l’établissement. Le parcours entre le lieu de dépose et l’entrée de l’établissement doit lui aussi être adapté car les flux associés à ces transports collectifs peuvent être importants et les comportements des élèves quelquefois erratiques (bousculade).

sécuriser les parcours

Au-delà des abords immédiats des écoles, collèges et lycées, pour développer et inciter à la pratique des modes actifs, il convient de développer un réseau de cheminements et d’itinéraires cyclables.

>> Voir la partie « Sécurisation des parcours »